dimanche 31 octobre 2010

MON CASSE-COUILLES VELOMAG (part 2)

Section technique où je suis en train de me dire: ''Ça achèves-tu tab$%?# ?"
Apesadumbrado
''Un homme est toujours un conteur d'histoires, il vit entouré de ses histoires et des histoires des autres, il voit tout ce qui lui arrive à travers eux ; et il cherche à vivre sa vie comme s'il la racontait. Mais il faut choisir : vivre ou raconter." Le philosophe Jean-Paul Sarte n'aurait pu si bien dire. Depuis le dernier blogue en septembre, j'ai fait le choix de vivre. Le racontage a été relégué au second rang. Que voulez-vous ? J'ai perdu un peu de motivation. Parfois, j'ai besoin d'une petite tape dans l'dos. Hélas, c'est plutôt rare. De plus, la frimousse pousse. Je préfère de loin passer mon temps libre à regarder évoluer ma p'tite que de taper sur un clavier. Et même si j'avais désir et temps !? Quand je dois essuyer une paire de fesses miniatures, VLAN que prend l'bord l'écriture. Néanmoins, au fond de moi réside toujours ce sentiment de culpabilité envers les quelques lecteurs que j'estime abandonnés. Je me sens coupable de ne rien offrir à lire. Heureusement, il y a Twitter pour maintenir les fonctions vitales de domraby.com. En résumé, désolé pour cette longue léthargie. Maintenant, je dois redémarrer. Alors, même si je sais pertinemment que l'intérêt n'y est plus, laissez-moi tout de même vous présenter la deuxième partie de mon Casse-Couille Vélomag 2010 :-)

Dimanche 27 août
Primo, je dois faire mention d'un évènement qui s'est passé la veille. Imaginez vous-donc que je suis retourné au Mont Ste-Anne samedi matin uniquement pour rapporter une puce électronique. Le petit truc qu'on installe sur la fourche du vélo et qui sert à donner nos temps de passage sur la ligne avec précision. Le vendredi soir, j'avais oublié de la remettre après l'épreuve Monte-le-mont. Ma peur était de devoir payer l'amende de 100$ comme le stipulait la note remise aux coureurs. Je me suis donc tapé les 140 km allé-retour en me disant que ce serait quand même moins dispendieux en essence que de devoir sortir un beau brun tout frais de mon compte épargne.
Or, je me suis traité de mollusque quand j'ai appris que j'aurais très bien pu la remettre le dimanche sans aucun problème. Câlisse....
Revenons au jour du seigneur. Il est environ 10h00 et le départ est donné dans 30 minutes. Toujours animé de cette même fébrilité, Frank et moi se cherchons un spot tranquille et sécuritaire pour un "#2" nerveux. Oui sécurité pour les bikes laissés sans surveillance. Pour le reste disons qu'il faut au moins que la porte des chiottes se verrouille. Toilettes bleues chimiques ? NO WAY. J'ai mis 27 ans avant de pouvoir "faire" dans des endroits publiques et c'est pas ici que je vais foutre en l'air tout ce cheminement.

Gentlemens, start your engine
Toutes les catégories sont rassemblées à la ligne de départ. Ça fait beaucoup de pédales sous le soleil. Parlons-en de celui là. On étouffe. Sa chaleur combiné à l'humidité vont rendre les choses un peu plus compliquées. Au milieu de la forêt, le vent ne vient plus nous souffler sa brise dans le cou. Voilà c'est le décompte 5 - 4 - 3  pourquoi ais-je encore envie de pisser ? - 2 - 1  PARTEZ ! Et on roule à Ste-Anne de Beaupré. La masse de cyclistes s'élance et s'étire rapidement. J'ai peine à ancrer ma chaussure gauche et résultat; on me double de tous les côtés. Soudainement, le ''clic'' se fait entendre et aussitôt je prends le mors aux dents tel un valeureux Percheron. Je file à toute allure vers l'embouchure qui nous amène aux sentiers. La route asphaltée passe alors au fil de soi dentaire battue. Ça refoule comme à l'heure de pointe. Je me dis que c'est le moment idéal pour faire mes besoins. Je préfère sacrifier quelques places et rouler confortablement. Rien de pire qu'une vessie overloaded. Je pisse pratiquement au milieu de spectateurs amassés aux abords de la route. À chaque année, je perd un peu plus de fierté et un peu plus de pudeur. Et alors ? Ça y est. Elle est presque vide. Je repars laissant le reste des gouttes ruisseler dans mon cuissard. C'est tant mieux car l'urine qui s'évapore crée un peu de fraîcheur. Bon "fini les follies" comme dirait mon père. Je réenfile ma monture. À partir de maintenant, je sais très bien que je devrai mettre les bouchées doubles si j'espère revenir devant avant le crépuscule.

René, y'a un nuage qui sort du capot d'la woituuuure !
J'amorce donc ma remontée. Je roule à bloc mais certainement au dessus de mes moyens. J'ai le Vo2max qui gueule que j'aurais tort de signer ce chèque sachant très bien que je n'ai pas le fric en caisse. J'ignore ce rabat-joie. Je déboîte et je bourre de plus bel. Les battements cardiaques volent dans tous les sens. À un certain moment les efforts finissent par payer car je reviens sur Frank Whit parti en trombe right from the start. Hélas, les retrouvailles avec le Gaspésien seront brèves. Nous arrivons dans une section avec des descentes ponctuées de trous, de roches et de racines. Il ne manque que des carcasses d'écureuil morts éparpillés en travers pour que ce soit "highway to hell". Je sers le guidon. J'évite tous les obstacles mais je ne parviens pas à gagner de la vitesse. Normal. J'ai peine à pédaler tellement on me shake le "canayen". C'est peine perdue. Lentement mais sûrement je regarde François s'éloigner. Le longiligne reprend la fuite sur son Rocky Balboa des Montagnes bi-coussinés. Cette fois-ci, je ne peux assumer. Ma forteresse psychologique est atteinte. Une fissure est apparue dans mon mental toughness. Je perds de la puissance. Snif snif. Hey c'est quoi cet odeur ? HEYY c'est quoi cette fumée ? Je crois bien que c'est mon orgueil qui fuit le long du sentier.
Franky et Alain qui ont l'air fraîches comme des roses même après 4h de course
Houston
Il y a un moment de silence dans la cabine. Pour l'instant, il n'y a que mon lobe frontal qui assure les fonctions de base; coeur, poumons, reins et pouce gauche. Je dois reprendre mes esprits. Je cherche une procédure de retour à la maison version SHORT CUT. Men i just lost the moon. Je pense vraiment à abandonner et faire une ligne droite vers le chalet. Or, je ne sais pas où je suis. Quelque part dans une forêt près du Mont Ste-Anne. Même Joe Garmin serait fourré ben raide. L'héliportation ça marches-tu encore ça icitte? J'intérroge mon Tandy1000 " Quelles sont mes autres options ? " Encore ce silence .............................1 min, 2 min, 3 min  ( Jamais dans l'histoire une réponse n'a pris plus de 4 minutes à  parvenir à mon centre de contrôle...................4 min 30....... ............Soudainement..grichhh gritchhh chhhhhhhhh une voix se fait entendre:  "FINISH THE RACE YOU LAZY MORON". C'est la joie dans mon coeur. Je remets les gaz. Destination: Ma paix intérieur.

Lamothe de détermination
Je suis dans un autre état d'esprit. Mon temps et mon rang m'importent peu. Je suis déterminé à traverser cette ligne d'arrivée coûte que coûte. Sur le dos d'un chevreuil en bouffant des larves s'il le faut. Les concurents me doublent les uns après les autres. MÊME DES FILLES :-) Je m'en fou. Mon défi est maintenant de me battre moi même. D'homme à homme. Seul à seul. Je me fixe des micros objectifs:  Ne pas mettre le pied à terre dans section difficile. Tenter de gravir cette bosse abrupte assis sur mon vélo. Manger ma barre Vector sans en mettre partout sur mon cuissard. Je me chante des chansons motivantes:  "Miles après miles je suis triste, miles après miles je m'ennuie, jours après jours sur la route, tu ne peux pas savoir comme j'ai mal au cul..." Je pense à toi Willie. Je pense également à ma blonde et ma p'tite fille que j'ai laissées seules à la maison pour venir faire cette compétition. Égoïste. Sans coeur. Pis pourquoi toutes ces souffrances ? Que m'apportent tous ces sacrifices ?  Après 15 ans dans le vélo, je ne peux répondre clairement. Euhh peut-être pour prévenir les vergetures ???  Ben là parle parle jazz jazz, le temps passe et la distance diminue dangereusement. Soudainement j'ai peur d'affronter les journalistes qui se jeteront sur moi dès que j'aurai fendu le ruban symbolique de la victoire. "Hein ?"  Ahhhhh never mind. C't'une ligne de mon journal intime qui s'est glissée là par h....

Ça finit après ce paragraphe parce que je suis tanné
"Expéditif ?" Ouin parce que je n'ai plus envie de passer par 4 chemins. (Quoiqu'encore convaincu que j'aurais la prostate moins enflée) Ma grand-mère le sait elle que; Au début ça me tente pis un m'ment donné ça m'tente pu. Aucune raison. J'te criss tout ça là pis chow ! Bi-polarité ?  Troubles de l'humeur ?  Baisse du PH ? Nahhhh mais autant vous avertir qu'une petite crisette approche. Je dois conclure.
Voilà, retour au mountain biz. Je franchi le fil d'arrivée avec le sourire aux lèvres. Réjean le commissaire me salue poliement et ayant l'air de dire: ''T'é-tu allé virer à Baie James estie ? ''  Frank Whit et Alain sont arrivés depuis une bonne demi-heure. Ils se fument une troisième clope. Je fonce tout droit vers les jus gratos. Vieux réflexe d'enfant qui avait le choix entre dessert ou liqueur Idéal sport. Quand je rencontre l'abondance, j'ai des problèmes de comportement.
Je vais m'asseoir dans l'estrade tout près des kiosques. Je savoure maintenant un popscicle. À l'extérieur je suis scrap. Cependant, à l'intérieur c'est top shape. Je suis tellement heureux d'avoir terminé. Heureux de ne jamais avoir abandonné même si toutes les fibres de mon corps m'imploraient de le faire. Ce fût probablement l'une de mes plus dures épreuves à vie. Physiquement et mentalement.  Le sport m'aura encore beaucoup appris. La fatigue fait alors place à l'endorphine. Je me sens bien. Fuck le barb-e-cue d'après course, fuck le sÔcial, fuck les ''Pis ? Comment ça été ?''  J'affiche complet.
J'ai juste le goût de retourner à maison pis coller mes deux pitchounettes.

De gauche à droite: Bi-po,  Van Whittom et Les choses étant ce qu'elles sont...

Commentaires: domraby@hotmail.com

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